À quelques jours des élections à la tête de la Ligue nationale de football féminin, prévues ce dimanche 3 mai, les candidates affinent leurs arguments et exposent leurs visions pour l’avenir de la discipline. Parmi elles, Arlette Butela se positionne avec un programme axé sur la structuration, la formation et l’attractivité du football féminin congolais.
Une feuille de route qui se veut ambitieuse, mais qui mérite aussi une lecture plus approfondie.
Une vision structurée et moderne
Dans son approche, Arlette Butela propose une base que beaucoup considèrent aujourd’hui comme essentielle structurer le football féminin.
Son projet touche plusieurs axes clés :
formation des joueuses et encadreurs
organisation des compétitions
développement des infrastructures
gouvernance et transparence
recherche de financements.
Sur le papier, difficile de ne pas y voir une vision globale cohérente, en phase avec les standards modernes du développement sportif.
L’accent mis sur la formation, notamment à travers la création de centres et des partenariats avec les écoles, est sans doute l’un des points les plus solides du programme.
Un choix stratégique, car sans base de formation, aucune ligue ne peut réellement progresser.
La professionnalisation comme fil conducteur
Autre élément fort : la volonté affichée de professionnaliser la gestion de la ligue.
En évoquant la transparence, la gestion professionnelle, les mécanismes de contrôle
la candidate met le doigt sur un problème récurrent dans le sport congolais : la gouvernance.
Ajouté à cela, son orientation vers les sponsors et les partenariats privés montre une compréhension claire d’un enjeu majeur :le football féminin ne peut se développer sans ressources financières stables.
Une approche sociale à saluer
Au-delà du terrain, Arlette Butela introduit aussi une dimension sociale importante :
l’accompagnement des joueuses après leur carrière.
Insertion professionnelle, formation…
une approche encore peu développée localement, mais essentielle pour crédibiliser le football féminin auprès des familles et attirer davantage de jeunes talents.
Mais un programme encore trop général
Malgré ses points forts, le projet présente plusieurs limites.
La principale c’est le manque de concret. Le programme reste global dans ses intentions mais , aucun chiffre, aucun calendrier précis, aucune indication claire sur les moyens à mobiliser, Combien de centres de formation ? Avec quel budget ?
Autant de questions qui restent sans réponses à ce stade.
Une absence notable : la stratégie médiatique.
Autre faiblesse importante de ce projet c’est la visibilité à l’heure où le développement du football passe aussi par les médias , le digital , le streaming ou les réseaux sociaux, le programme Butela reste discret sur cet aspect.
Or, sans exposition médiatique, difficile d’attirer sponsors, partenaires et public.
Les clubs, grands oubliés ?
Enfin, si la candidate Arlette Butela parle de structuration, peu d’éléments concrets concernent directement les clubs :
accompagnement financier
formation des dirigeants
structuration administrative
Pourtant, ce sont eux qui font vivre la ligue au quotidien et donc un regard précis aurait été intéressant pour entrevoir la suite de ce projet.
Entre vision et défi d’exécution
Au final, le programme d’Arlette Butela propose une base solide et moderne, avec une vraie volonté de transformation du football féminin congolais.
Mais à quelques jours du scrutin du 3 mai, une question demeure :
cette vision pourra-t-elle être traduite en actions concrètes ?
Car dans ce type d’élection, la différence se fait souvent là , entre ceux qui proposent une idée… et ceux qui démontrent comment la réaliser.
Le rendez-vous est donc pris ce dimanche pour un choix qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire du football féminin en RDC.
Mons Monsheju K.
