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RDC : les cinq grands messages de Félix Tshisekedi sur le Dialogue national

‎Entre souveraineté, cohésion nationale, justice et réforme de l’État, le chef de l’État veut donner une autre dimension au dialogue annoncé. Mais au-delà des déclarations, c’est surtout l’exécution des engagements qui sera attendue.

‎Dans son allocution annonçant officiellement l’ouverture du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, Félix Tshisekedi a voulu poser les bases d’un processus différent des précédentes initiatives politiques.

‎Le président de la République reconnaît les fragilités internes du pays, tout en maintenant une position ferme sur la souveraineté et la situation sécuritaire dans l’Est. Mais surtout, il insiste sur une question qui revient régulièrement dans l’histoire politique congolaise : que deviennent les résolutions une fois les assises terminées ?

‎Voici les cinq points majeurs à retenir de son adresse à la Nation.



‎1. Un dialogue pour traiter les problèmes de l’intérieur



‎Pour Félix Tshisekedi, les accords diplomatiques et les processus engagés à Washington et à Doha sont importants, mais ils ne peuvent pas, à eux seuls, régler toutes les fractures qui traversent la RDC.

‎Le chef de l’État estime que la cohésion nationale doit avant tout être construite par les Congolais eux-mêmes. Le Dialogue annoncé est ainsi présenté comme une initiative « conçue par les Congolais et pour les Congolais », avec pour objectif de réfléchir à la paix, à l’unité nationale et à la refondation de l’État.



‎Autrement dit, Kinshasa veut distinguer le règlement du conflit à l’Est de la question plus large de la construction de l’État.

‎Car derrière les conflits armés, il y a aussi des problèmes de gouvernance, de cohésion entre communautés, de confiance dans les institutions et de présence de l’État.



‎2. Pas de négociation politique avec les groupes armés



‎Le deuxième message est particulièrement clair : le Dialogue national ne sera pas une nouvelle table de négociation avec l’AFC/M23.

‎Le processus de Doha doit continuer à traiter les questions directement liées au conflit, notamment la cessation des hostilités, le désengagement, le cantonnement et le désarmement.

‎Félix Tshisekedi refuse surtout que la force militaire puisse devenir une nouvelle voie d’accès à la légitimité politique. Dans son allocution, il insiste sur le fait qu’une conquête militaire ne peut être transformée en légitimité politique.



‎Mais le président laisse également une porte ouverte aux combattants qui renonceraient sincèrement à la violence, à travers les mécanismes de désarmement, de démobilisation et de réintégration.

‎Une nuance importante : le chemin vers la paix reste ouvert, mais pas au prix de l’impunité. Les crimes graves, notamment les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les violences sexuelles graves, ne pourront pas être effacés au nom d’un compromis politique.



‎3. La souveraineté reste la ligne rouge



‎Dans son discours, Félix Tshisekedi a également réaffirmé la position de la RDC sur la présence des forces étrangères et des groupes armés dans l’Est du pays.

‎Le chef de l’État exige notamment le retrait des forces étrangères non invitées, la fin du soutien aux groupes armés, le démantèlement des administrations parallèles et le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.



‎Cette fermeté intervient alors que la RDC poursuit parallèlement ses démarches diplomatiques.

‎Le message présidentiel semble donc reposer sur un équilibre : dialoguer lorsqu’il s’agit de rechercher la paix, mais ne pas négocier ce qui relève de la souveraineté nationale.



‎4. Le vrai défi : éviter un dialogue de plus



‎C’est probablement l’un des passages les plus importants de cette allocution.

‎La RDC a connu plusieurs dialogues, accords et arrangements politiques. Le problème n’a donc jamais été uniquement de se retrouver autour d’une table. Le véritable défi a souvent été de transformer les engagements pris en actions concrètes.



‎Cette fois, Félix Tshisekedi promet un mécanisme différent.

‎Les conclusions du Dialogue devront être réparties entre les différentes institutions compétentes, avec des échéances, des moyens et des objectifs mesurables. Une matrice publique doit également permettre de suivre l’exécution de chaque engagement, tandis que des rapports périodiques seront rendus publics.

‎C’est ici que le discours rencontre l’attente de la population.

‎Les Congolais ne veulent plus seulement entendre parler de résolutions. Ils veulent voir ce qui change dans leur quotidien.

‎Le succès de ce Dialogue se mesurera donc moins à la qualité des discours prononcés autour de la table qu’à la capacité des institutions à appliquer ce qui aura été décidé.



‎5. Faire participer les Congolais et reconstruire la confiance



‎Enfin, le chef de l’État veut donner au processus une dimension plus large que les seuls acteurs politiques.

‎L’objectif affiché est d’associer les forces politiques et sociales, les confessions religieuses, les autorités coutumières, les milieux scientifiques ainsi que différentes composantes de la société congolaise.



‎Cette volonté d’inclusion répond à une réalité : un dialogue national ne peut véritablement porter ce nom si les populations ne se reconnaissent pas dans ses conclusions.

‎Félix Tshisekedi mise ainsi sur la participation et la transparence pour tenter de reconstruire une confiance souvent mise à rude épreuve.

‎Le chef de l’État veut également que le processus soit suffisamment inclusif pour permettre une expression pluraliste, tout en étant encadré afin d’éviter l’enlisement et la dilution des responsabilités.



Entre l’ambition et l’épreuve des faits



‎Au terme de cette allocution, une chose apparaît clairement : Félix Tshisekedi veut présenter ce Dialogue comme plus qu’un simple rendez-vous politique.

‎Il s’agit, dans sa vision, de profiter de la crise que traverse le pays pour poser des bases nouvelles autour de trois mots : paix, cohésion et refondation de l’État.



Mais le plus difficile commence maintenant.



‎Il faudra convaincre les différentes forces politiques et sociales de participer, garantir une réelle représentativité, maintenir la question de la justice, préserver la souveraineté nationale et surtout assurer le suivi des engagements.

‎Car le véritable rendez-vous ne sera pas seulement celui de l’ouverture du Dialogue. Ce sera celui du lendemain : lorsque les caméras seront éteintes, que les discours seront terminés et qu’il faudra transformer les promesses en résultats.



‎C’est à ce moment-là que les Congolais pourront véritablement juger si ce Dialogue aura été un dialogue de plus ou le début d’une nouvelle étape pour la République

La Rédaction

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