Justice – RDC : Procès en cours pour l’humiliation publique d’Honorine Porsche, présumée braqueuse de banque

Le procès des militaires accusés d’avoir humilié Honorine Onate Porsche, une femme soupçonnée de braquage, s’est ouvert cette semaine devant la Cour militaire de Kinshasa-Gombe, après l’indignation nationale suscitée par la diffusion de vidéos virales montrant la scène.

Face à la gravité des faits, la Dynamique pour la Protection des Femmes en RDC (DPF-RDC) a réagi avec fermeté, le lundi 20 octobre. Par la voix de sa coordinatrice générale, Laetitia Nyemba, l’organisation a dénoncé ces actes, affirmant qu’« aucun crime ne saurait justifier la torture, la déshumanisation ou l’exposition publique de l’intimité d’une femme ».
Pour la DPF-RDC, cet épisode constitue « une atteinte directe à la dignité de la femme congolaise et une blessure à la conscience nationale ».

Le procès, présidé par le colonel magistrat Jean Robert Kilensele, a débuté mardi. Trois éléments de la Police militaire (PM) sont poursuivis pour « violation des consignes » et « atteinte à la bonne vie et aux mœurs » à la suite de la diffusion des images.

À la barre, le colonel Désiré Mumesa Kimpwene, commandant de bataillon, a nié avoir filmé la scène, tout en reconnaissant avoir remis la suspecte, partiellement dénudée, à la Task Force, insinuant que ses subordonnés seraient à l’origine des images.
Les capitaines Mwamba et Kongowi, également entendus, ont pour leur part nié toute implication dans la diffusion.

Le président de la Cour a renvoyé l’audience au mercredi 22 octobre 2025, afin de projeter les vidéos et ordonner une expertise technique pour déterminer les véritables responsables de leur mise en ligne.

« La publication de cette vidéo constitue une infraction de violation de la bonne vie et des mœurs. Nous allons projeter les vidéos et, si nécessaire, solliciter une expertise des services compétents pour identifier l’auteur de la diffusion »,
a déclaré le colonel Kilensele.

La DPF-RDC appelle les autorités judiciaires et militaires à sanctionner les auteurs sans complaisance, tout en exhortant les services de sécurité à renforcer la formation de leurs agents en droits humains et en prévention des violences basées sur le genre (VBG).
L’organisation plaide enfin pour une prise de conscience collective sur la valeur et la dignité de la femme congolaise, afin que de tels actes ne se reproduisent plus.

Belvine Ntokasi

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